1er novembre 1996
Lorsque l'on effectue un travail de recherche, en histoire, deux
possibilités s'offrent à nous:
- consulter des ouvrages imprimés traitant du sujet qui nous
intéresse,
- consulter des documents d'archives manuscrits.
Si la première solution ne pose guère de problèmes,
a seconde s'avère plus difficile, suivant les textes consultés
(on n'interprète pas un document du XVIIIe comme un autre du XIIe
siècle).
Nous vous proposons ici, de vous aider à mieux franchir cette
épreuve, en vous donnant des clefs et des points de repères
afin de vous faciliter la lecture des textes anciens.
Mais comme vous ne tarderez pas à le comprendre, il en va de la
paléographie comme du piano: il faut vous exercer de manière
constante !
Lire une texte manuscrit semble souvent difficile, surtout lorsque celui-ci
date de plusieurs siècles.
Par exemple, le trait de plume n'est pas aussi regulier que le notre:
l'écriture avec la plume d'oie, ancêtre de notre stylo, donnait
des épaisseurs variables aux caractères (suivant son inclination,
la force avec laquelle le rédacteur appuyait la plume sur le support
papier ou parchemin, etc.).
De même, chaque lettre pouvait avoir une hauteur plus importante que
les autres, suivant son emplacement dans un mot, ou sur une ligne.
Il n'y avait pas non plus, à proprement parler, de règles
d'orthographes (elles ne se sont précisées qu'avec le temps,
et l'on trouve souvent des textes écrits "phonétiquement" par
le rédacteur).
Pour couronner le tout, nos ancêtres utilisaient de nombreuses formes
d'abréviations et en avaient recours assez fréquemment
(contraction, aphérèse, notes tironiennes).
Mais rassurer vous, nous verrons tous ces problèmes au fur et à
mesure.
Pour commencer nous allons prendre le texte suivant, daté de la fin
du XVIIIe siècle (il concerne le bureau de charité du diocèse
d'Alès, dans les Cévennes):
En voici la transcription:
Comme vous pouvez le constater, si le sens du texte transcrit est aisément
compréhensible, il l'est moins par contre, dans sa forme originale.
Certains caractères différent de leur forme actuelle:
- le E comme dans
- par contre, la lettre B se reconnaît assez bien:
Il vous faudra donc comparer le document avec sa transcription afin de visualiser
la forme de chaque caractère. Un petit truc, tout simple: suivez le
mouvement de l'écriture, avec votre main, comme si vous écriviez
ce texte.
Vous faites aussi connaissance avec notre première
abréviation:
On utilise encore cette forme d'abréviation:
Cette méthode est désignée par le terme de "contraction"
(on ne conserve d'un mot que le début et la fin).
Remarquez aussi que les traits qui terminent chaque ligne ne sont pas à
proprement parler des "caractères". Il s'agit principalement d'une
habitude du scribe qui donnait au texte une certaine "justification". Nous
aurons l'occasion de retrouver cette pratique séculaire, dans de nombreux
autres documents.
Vous en conviendrez, le texte présente de nombreuses fautes
d'orthographes. La transcription que nous en avons donné se veut
fidèle au texte, mais il va de soi que lorsque l'on retranscrit un
document en vue de sa publication, il faut quelque peu changer sa
présentation originale. Voici ce que cela pourrait donner:
Attention, toutefois, quant aux règles relatives à la transcription
d'un texte ancien. Elles peuvent varier suivant les professeurs ou les
universités.
Mais la règle principale est de RESPECTER le document original.
Bon! Et bien maintenant, à vous de jouer.
A vous de travailler.
Nous vous donnons le texte ci-dessous a retranscrire. Envoyez-nous votre
travail de transcription et nous vous renverrons la correction.
Bonne chance.
Notre adresse: paléographie
La suite du cours Vendredi 15 Novembre.
pour "et" ou dans
pour "eut" (remarquer aussi le T final),
en majuscule
pour "Bonne" ou en minuscule
pour "bien".
pour M(essieu)rs